KA TI

KA TI

Née en 1962, vit et travaille en Bretagne. « Je suis née en Algérie à Sétif, à l’époque même de cette guerre du même nom. Bien sûr je n’ai aucun souvenir, j’avais trois mois lorsque j’ai traversé la Méditerranée en hélicoptère avec mes parents pour revenir en France. Mon père était gendarme. Mon éducation a été rude et sévère, et toute forme de culture y était absente. Malgré tout, je connaissais les chemins qui mènent à l’enchantement. Chaque soir je m’endormais avec un petit poste orange collé à l’oreille où toute la musique de l’époque se déversait avec ravissement dans mes oreilles. Je dévorais les Comics que je trouvais dans la chambre de mon grand-père Gaston. Elle se trouvait dans le garage, tout à côté d’une magnifique Panhard noire, avec ses sièges rouges et son volant ivoire. Lieu inoubliable. Mon grand-père était un artiste, il était soldat pendant la guerre. Il me racontait sa grande histoire, bien sûr triste mais j’avais 8 ans et il savait agrémenter ses aventures, c’était pour moi un héros, évadé puis déporté en Russie. Il avait fait les Beaux-Arts, était meilleur Ouvrier de France (Staffeur). Avec lui j’apprends les rudiments et l’envie du dessin. C’est d’ailleurs à ce moment-là, que mes cahiers d’école se remplissent de petits croquis. Il m’emmène dans son atelier où je peux admirer son art, son travail d’architecture, les rosaces en préparation, les esquisses, les projets... Il me met des étoiles dans les yeux. 18 ans, je « monte » à Paris. Je trouve des petits boulots, jusqu’à ce que je passe quelques concours, et me voilà embarquée dans la Fonction Publique. Je rencontre le père de ma première fille, il m’initie aux musiques du moment, la littérature, le cinéma, la fête, les musées, les expositions… L’art est toujours présent dans ma vie mais discret. Je ne lui trouverai de légitimité que plus tard, avec ma rencontre d’artistes autodidactes, comme moi, croisés dans des festivals, dits singulier ou hors les normes. 40 ans, j’ai des envies de changement, je ne sais vers où aller, je commence par faire des études, j’obtiens mon baccalauréat avec mention ! Je continue sur des études d’Histoire de l’Art. Très vite Le travail de nuit, la vie de famille me rattrapent, je suis obligée d’y mettre un terme. Qu’à cela ne tienne, 4 ans plus tard, j’ai un besoin irrépressible de changer de vie. Avec mon compagnon, nous décidons de venir nous installer en Bretagne. Je quitte avec ravissement mon travail de fonctionnaire, mes deux filles sont grandes, à moi la Vie ! Et depuis quinze ans, je crée chaque jour, et toujours avec plus de plaisir, de joie. Mon grand-père est certainement à l’origine de cette vie créative que je me suis construite. Pas un jour ne s’écoule sans que je dessine ou fabrique quelque chose, il en va de mon équilibre, de mon bien-être. Je vois tout au long des années mon travail évoluer. S’il y a des hauts et des bas, il est intarissable. J’essaie tous les médiums, du dessin, à la sculpture de papier ou de terre, l’art textile…C’est mon aventure à moi ! Même tardivement je me suis remplie durant toutes ces années parisiennes d’images, d’influences de tout ce qui fait mon art aujourd’hui. Je travaille de façon spontanée, c’est une réalité que je transpose dans l'irréel et vice-et-versa. C'est pour moi un langage, une histoire qui se raconte où je libère mes monstres. Je ne travaille sur aucun thème, bien sûr tout ce qui se passe dans notre monde a forcément une influence. Je dirai que je m’en guéris en continuant à m’offrir du rêve, j’espère qu’il en est de même pour celui qui regarde. »