Nadine Bourgne

Nadine Bourgne

Née en 1967, vit et travaille près de La Rochelle « J’ai toujours aimé la peinture du plus loin dont je me souvienne, les couleurs, les formes, m’ont souvent fascinée. Malheureusement je n’ai pas eu la chance de faire des études artistiques et j’ai enseigné la gestion commerciale en Lycée Professionnel pendant 15 ans tout en peignant sur mon temps libre et en participant à des ateliers artistiques me permettant d’appréhender un certain lâcher prise. Aujourd'hui, je ne regrette plus de ne pas avoir fait les Beaux-Arts. Cela m'a permis de conserver une certaine liberté, de ne pas me couler dans le moule. J’ai par la suite décidé, il y a presque 20 ans maintenant, de quitter définitivement l'Éducation nationale pour me consacrer entièrement à mon art. Peintre « quasi autodidacte » ma peinture était tout d’abord très abstraite puis des formes sont apparus, la couleur est devenue plus intense et plus présente jusqu’à avoir maintenant un travail très singulier et très habité par une multitude de personnages et d’animaux en tous genres dans des univers foisonnants. Au début, je peignais dans un état presque hypnotique et assez rapidement. Avec les années, je suis devenue plus exigeante, plus réfléchie. Lorsque je commence une toile je ne sais jamais où je vais. J’utilise de plus en plus le collage qui me permet de me vider la tête et d’obtenir des espaces et des effets souvent très intéressants. Mes collages, sont à la base, des papiers que je vais peindre pour ensuite être déchirés et réintégrés de façon aléatoire dans la toile. Je colle, je décolle, je recolle, ainsi le tableau prend forme en fonction de mes humeurs et est fortement influencés par mes propres expériences de vie. Pour faire « ma petite cuisine », je travaille au couteau ou au pinceau, assise à même le sol avec des encres, acryliques, posca, pastels secs…. Il faut que les couleurs explosent et que l’histoire que je raconte ait un sens pour moi. Le tableau est terminé lorsque j’y ai trouvé un certain équilibre au niveau des formes et des couleurs. » En une formule très succincte, Nadine Bourgne évoque subtilement son art pictural : "Je réconcilie l'ordre et le désordre, la couleur et ses résonances, mais ma peinture restera tendrement agressive et follement solitaire". Je lisais, tout à l'heure, que cette artiste doute, qu'elle marche sur la falaise du désarroi. Ce sont toujours les artistes que le talent n'épargne pas, les artistes que le talent étreint au point de les faire suffoquer qui sont en proie au doute, à la détresse. Ici, chez Nadine Bourgne, il y a une œuvre importante, originale, ardente. Il y a une force, une solidité, une orchestration du chaos, une puissance de séisme ordonné. Le fantôme du Cobra hante le travail singulier et personnel de Nadine Bourgne. Il y a un état d’ébullition dans ce travail pictural. Des éléments figuratifs habitent de grands orages abstraits… Un univers intestin retranscrit dans ses états de nerfs, de fièvre, de rêve, de colère, de cauchemar, ses résurgences, ses saillies du passé, sa santé même. Texte de Denys-Louis Colaux