Né en 1950, vit et travaille en Mayenne Actuellement installé en Mayenne, Pierre Nigault a vécu une grande partie de sa vie à l’étranger. « Mes activités professionnelles dans l’industrie laitière m’ont d’abord emmené en Irlande pour ensuite me conduire vers la Grèce où j’ai résidé pendant 29 ans. Avec la crise grecque, j’ai perdu mon emploi et grâce au soutien de mon épouse, j’ai décidé de revenir à mes premières amours : la peinture. Autodidacte, je me suis mis à peindre la Grèce. J’ai réussi à faire une dizaine d’expos personnelles et de nombreuses collectives dans ce pays où l’intérêt de la population pour l’art et la culture a traversé les siècles et est toujours bien présente. Suite au décès de mon épouse, j’ai préféré rentrer en France. De nombreuses toiles de cette période sont entassées dans le grenier… Ma vision personnelle du monde est plutôt sombre avec ces images de la robotisation et de l’uniformisation des individus et de la société de consommation qui va indubitablement dans le mur. Je peins aussi pour échapper à cette vision. Mes tableaux sont conçus avec une segmentation de formes, d’images et de couleurs pour refléter au final, je l’espère une image d’harmonie À partir de 1986, je me passionne pour la décomposition, le fractionnement et la multiplication des images et des formes. De retour en France depuis 2012, je ne cesse de poursuivre ce travail de multiplication-division qui correspond d’une certaine manière, à la société actuelle : un monde grouillant, se bousculant, se piétinant comme des équilibristes qui jouent avec leur vie, qui sautent toujours plus haut comme pour happer l’oxygène encore disponible. Infiniment petits que nous sommes dans cet infiniment grand, essayons de chercher et de trouver la quintessence de la vie. » Dans ses œuvres récentes, l’étrangeté devient une manière de parler de l’humain. Les créatures de Nigault peuvent faire sourire, intriguer ou inquiéter. Elles semblent primitives et futuristes à la fois, familières et impossibles. Elles nous rappellent que notre propre identité est peut-être faite de la même matière : un assemblage instable de mémoires, d'images, d'animaux, de rêves et de fragments. La richesse des surfaces joue un rôle essentiel. Pierre Nigault couvre ses figures de réseaux, d’écailles, de boucles, de petites cellules et de motifs géométriques. La couleur ne vient pas simplement remplir les formes : elle les structure et les fait vibrer. Les noirs profonds, les gris bleutés, les terres, les rouges sourds et les verts composent une palette à la fois archaïque et contemporaine. La précision des contours et la minutie des motifs donnent à ces créatures une apparence presque sculpturale. Mais derrière leur aspect ludique et parfois presque enfantin se dessine une vision plus inquiète. L’artiste a souvent décrit son univers comme une réflexion sur un monde de plus en plus fragmenté, uniformisé et saturé d’images. C’est peut-être là que réside la force de ces peintures. Pierre Nigault ne cherche pas à reproduire le réel : il le recompose. Il prélève dans le visage humain, dans le bestiaire, dans les mythologies et dans les signes populaires pour fabriquer un monde qui n’appartient qu’à lui.