Né en 1962, vit et travaille en Vendée à L’Orbrie Autodidacte, Didier JACQUES, peintre, développe depuis une trentaine d'années un travail centré sur la figure humaine, principalement sur bois découpé. Parallèlement à sa pratique artistique, il a consacré de nombreuses années à l'accompagnement de projets artistiques en musique, peinture et sculpture, auprès d'établissements scolaires et dans le secteur médico-social, notamment en IME. Aujourd'hui retraité, il se consacre pleinement à sa peinture. En 2017, il participe à une résidence artistique à La-Châtaigneraie, où il crée des personnages à partir de mobilier ancien, travaillant en plein air au cœur du village. En 2018, il investit la Chapelle Saint-Cyprien de Bressuire avec une exposition d'une cinquantaine d'œuvres : grands formats sur papier suspendus depuis la charpente en forme de carène renversée et figures sur bois debout au sol. En 2020, pendant le confinement, il réalise des interventions urbaines à Rezé, des collages in situ qui dialoguent avec l'espace public. En 2026, il expose à la bibliothèque de Xanton-Chassenon. « Le travail naît d'une liberté fondamentale : celle d'un autodidacte qui avance sans contrainte, au rythme de ses découvertes et de ses envies. Depuis une trentaine d'années, je construis patiemment un univers centré sur la figure humaine, debout, frontale, à l'échelle du corps. Peintes sur bois découpé, mes figures s'affranchissent du mur et du cadre traditionnel. La planche debout, posée sur un socle, prend espace, prend corps. Des présences qui peuvent d'abord déranger, avant d'apprivoiser le regardeur. Les yeux dans les yeux. Le noir est au cœur de l'œuvre. Il relie, structure, et crée un contraste puissant avec la couleur. Bien plus qu'un contour, c'est un langage en soi, points, traits, rythmes, touches de lumière, qui donne à chaque figure sa force et sa singularité. Couleurs fortes et demi-teintes se répondent, ni l'une ni l'autre ne pourrait exister seule. Un équilibre construit dans la durée, entre force et douceur, joie et mélancolie. Je suis le premier spectateur de mon travail, et c'est peut-être là l'essentiel : découvrir sur le moment ce qui se met en place, ce que la peinture révèle. » Ces silhouettes verticales à la fois familières et mystérieuses nous invitent à regarder, non plus le corps comme une enveloppe, mais comme un territoire. Un territoire parcouru de souvenirs, de pulsions, de rêves, de connexions et de signes. Sous leur apparente spontanéité, les compositions révèlent une construction extrêmement maîtrisée, où la ligne, la couleur et le point organisent un monde dense et foisonnant. La peinture devient alors une forme de langage sans alphabet fixe. Elle ne raconte pas nécessairement quelque chose : elle fait circuler quelque chose. Une énergie, une émotion, une présence. Et devant ces figures silencieuses, c’est peut-être notre propre regard qui finit par se retrouver inscrit dans le tableau. Didier Jacques compose ainsi des présences qui semblent nous regarder autant que nous les regardons : des corps-paysages, des visages-mondes, des architectures intérieures.