Christophe B

Christophe B

Né en 1961, Christophe Boulay dit Christophe vit et travaille dans le 91. Artiste autodidacte, il débute par la peinture avant de se consacrer à la sculpture.IL expose depuis 1986 dans de nombreux salons, galeries, ventes aux enchères, en France et à l’étranger. Regarder une œuvre d’art demande des efforts d’abandon même si les sculptures de Christophe fluides et épurées ne semblent pas à première vue requérir cette peine. Mais il n’existe pas de style simple. De ses virées chez les ferrailleurs, les vignerons, les scieries, les forêts, les barrages, les carrières ou sur la plage, il glane cette matière si diverse, usée, salie, rongée, abandonnée, familière et reconnue avec laquelle il dévoilera la poésie d’un monde vivant, invraisemblable et proche de la réalité. Christophe sculpte, lime, soude bois et métaux érodés, assemble les matériaux insolites, fossiles surgis d’une émotion lointaine. Son œuvre ne s’évertue pas à délivrer un message, à dénoncer, elle invite le spectateur à transcender une réalité devenue obscure à force de visibilité…Christophe, l’enchanteur, exprime une poésie intimiste, vibrionnante d’ailes, celles des oiseaux, des avions, de l’ange gardien, emblèmes de la libération, de l’allègement, de l’accession à la spiritualité… Un artiste n’est ni sage ni paisible. Mais il peut grâce à son talent rendre au monde la sérénité, la douceur, le calme et la volupté… Dénuées de cynisme, les sculptures de Christophe, nous invitent à une émotion délicate et singulière. Son œuvre n’est jamais ludique mais empreinte d’un humour caustique et salvateur essentiel pour vivre, créer. Brigitte Gudimard Le monde de Christophe est celui de l’amour du matériau brut, du métal, du bois dénichés et collectés avec une grande tendresse dans les fermes et les entrepôts. Chaque élément a d’abord été soigneusement choisi, puis assemblé avec grâce et un grand savoir-faire.Les sujets les plus humbles nous donnent ainsi à rêver : le chien du voisin, l’imbécile heureux, la jeune fille séduite par le beau parleur…La mythologie est également présente dans son œuvre : l’Odyssée, Icare, Le cheval de Troie… De petits instants du quotidien, de l’ordinaire sont ainsi attrapés au vol par son radar bienveillant. La vraie aristocratie ne résiderait-elle pas dans l’économie de moyens, dans la convocation du beau et du rêve à partir de vieux outils assemblés pour une seconde vie. Il y a aussi sans doute une critique de la corruption généralisée de l’époque par la marchandise. Le jeu, l’ingéniosité, la jubilation de créer sont une marque essentielle du travail de Christophe. Olivier Sultan Le travail de Christophe repose avant tout sur l’assemblage. Bois usé, métal oxydé, éléments perforés, cordes, pièces patinées par le temps : chaque matériau conserve les traces de son histoire. Rien n’est véritablement effacé. Les fissures, les irrégularités, les marques d’usure et les différences de texture deviennent au contraire partie intégrante de l’œuvre. L’artiste compose avec cette mémoire des matières pour leur donner une seconde vie. Son univers se situe ainsi à la rencontre de l’art brut, de l’assemblage et de l’objet détourné, sans se réduire à une catégorie précise. Il y a dans ses œuvres une poésie de la récupération, mais aussi une fascination pour les civilisations anciennes, les objets rituels et les créatures imaginaires. Le matériau pauvre devient précieux par le regard qui le transforme. Christophe ne cherche pas à rendre la matière parfaite. Il lui permet au contraire de parler. Le bois porte son passé, le métal porte ses blessures, la corde conserve son geste, et l’assemblage devient le lieu où toutes ces histoires se rencontrent…