Anne Basset

Anne Basset

Née en 1943, vit et travaille à la Laval « Professeur de sciences retraitée, je franchis un jour la porte d’un atelier de sculptures de la ville. J’appréciais, jusqu’alors, les réalisations de l’artiste Niki de Saint Phalle. Inscrite à cet atelier, j’ai commencé par copier ses sculptures mais les pièces achevées ne me procuraient aucune émotion. J’ai décidé alors de me laisser aller à ma propre imagination, de créer. En commençant avec un bloc d’argile, je n’ai aucune idée de ce que je veux réaliser ; cela vient au fur et à mesure : une tête comme ci, le reste du corps comme ça et ainsi de suite… J’aime beaucoup les couleurs, je décide donc de peindre mes réalisations après cuisson, ainsi sont nées les sculptures présentes au Hang-Art » Dans le travail sculptural d’Anne Basset, la figure humaine devient un territoire d’exploration où se rencontrent l’étrangeté, l’humour, la poésie et une certaine forme de tendresse. Ses personnages, modelés avec une grande liberté, semblent surgir d’un monde imaginaire peuplé de silhouettes singulières, de visages expressifs et de corps volontairement déformés. Loin de rechercher une représentation réaliste, elle privilégie une approche instinctive, où les volumes, les attitudes et les expressions se construisent progressivement. Ses sculptures semblent ainsi appartenir à un monde situé entre le réel et le merveilleux. Certaines figures ont quelque chose de profondément humain, tandis que d’autres paraissent venir d’un conte, d’un théâtre de marionnettes ou d’une mythologie personnelle. Ce qui frappe enfin dans le travail d’Anne Basset, c’est la liberté qui s’en dégage. Ses sculptures ne cherchent pas à être parfaites : elles cherchent à être vivantes. Elles portent la spontanéité du geste, la puissance de l’imagination et le plaisir de transformer la matière. Derrière leur apparente naïveté se révèle un véritable travail sur le caractère, l’émotion et la présence. La couleur joue un rôle essentiel. Le blanc, le brun, le rouge, le noir et quelques touches de rose ou de bleu composent une palette volontairement franche, presque primitive. Sur les corps apparaissent des signes, des motifs et des animaux qui semblent raconter une histoire sans jamais la livrer complètement. Anne Basset construit ainsi une galerie de personnages hors normes, à la fois drôles, fragiles et profondément attachants. Une œuvre où la terre devient le moyen de donner corps à un imaginaire libre, sensible et résolument personnel.