Née en 1948, vit et travaille à la Chapelle sur Erdre 44 Dessinatrice cartographe, elle voyagera au-dessus des routes, des rivières, des villes et des villages de France et du Monde entier, nourrissant ses rêves au bout de sa plume et de son tire-ligne, en remplissant les cartes d’état-major pendant une dizaine d’années. Puis se consacre à l’éducation de ses quatre enfants. De 1977 à 1984 a vécu en Corse, d’où lui est resté gravé la lumière et la diversité des paysages enchanteurs. Installée depuis à La Chapelle sur Erdre, elle a côtoyé les Ateliers de la Gobinière à Orvault pendant 25 ans, au gré de ses envies, en explorant de multiples techniques de dessin, peinture, modelage, sculpture, linogravure, etc… lui permettant d’exprimer tout ce qu’elle vit et ressent, en échappant le plus souvent aux codes. Un dessin par jour depuis des années se succèdent dans ses carnets, ses journaux intimes et ses différents collages, racontant ainsi son point de vue sur l’actualité. Son inspiration est le plus souvent accompagnée par des chansons qui trottent continuellement dans sa tête, tant pour leur musique que pour leur texte. Peindre pour raconter, créer pour résister Chez Annette Boutinaud, l’image naît d’une nécessité : celle de raconter. Raconter le monde, ses beautés, ses blessures, ses contradictions, mais aussi les émotions intimes qui nous traversent. Ses œuvres semblent surgir d’un carnet de rêves où se rencontrent personnages, paysages, arbres, fleurs, visages et fragments de vie. Les couleurs franches et les formes libres ne cherchent pas à reproduire fidèlement le réel : elles en proposent une lecture sensible, instinctive, parfois enfantine. Car l’enfance demeure présente, non comme un souvenir figé, mais comme une manière de regarder encore le monde avec étonnement et liberté. L’arbre devient ainsi un personnage. Il porte les traces du temps, les blessures et les renaissances. La fleur devient une parole. Le visage devient un miroir de nos émotions. Dans cette œuvre, la nature n’est jamais un simple décor : elle est vivante, fragile, menacée, mais toujours capable de recommencer. Cette dimension rejoint l’engagement qui traverse le travail d’Annette Boutinaud : la défense de la planète, l’attention portée aux générations futures, la solidarité avec celles et ceux qui sont contraints de quitter leur terre. Elle fait de l’art un espace de vigilance autant qu’un espace de poésie. Ses personnages semblent alors nous regarder autant que nous les regardons. Ils nous interrogent sur l’amour, la solitude, la différence, la mémoire et notre rapport aux autres. Les œuvres deviennent des histoires ouvertes, où chacun peut reconnaître une part de sa propre expérience. Peindre devient une façon de prendre la parole. Dessiner devient une façon de garder vivant ce qui pourrait disparaitre. Et créer, peut-être, une façon de croire encore au monde. Annette Boutinaud nous invite ainsi à regarder autrement : avec les yeux de l’enfance, avec la liberté de l’imaginaire et avec la conscience d’un monde qu’il nous appartient de préserver.